Le Radar.
Faux coursier bancaire : ne remettez jamais votre carte à quelqu’un envoyé chez vous
La gendarmerie de Côte-d’Or alerte sur une recrudescence d’arnaques au « faux coursier bancaire ». Un prétendu conseiller annonce une fraude sur votre compte, obtient votre confiance, puis affirme qu’une personne va venir récupérer votre carte bancaire à domicile.
La gendarmerie alerte sur une recrudescence des faux coursiers bancaires.
Le 15 août 2026, la gendarmerie de Côte-d’Or a diffusé une nouvelle mise en garde concernant des escroqueries dites au « faux coursier bancaire ». L’alerte souligne leur efficacité particulière auprès des personnes âgées ou isolées.
Le procédé n’est pourtant pas nouveau. Cybermalveillance.gouv.fr, la Banque de France et ABE Infoservice documentent depuis plusieurs années cette variante de la fraude au faux conseiller bancaire.
Ce qui rend cette méthode particulièrement trompeuse est la combinaison de plusieurs éléments : un appel qui semble professionnel, des informations parfois exactes sur la victime, la peur d’un piratage bancaire et, finalement, la venue réelle d’une personne au domicile.
Une vraie information personnelle n’est pas une preuve.
Un escroc peut déjà connaître votre nom, votre adresse, votre banque ou certaines coordonnées à la suite d’un hameçonnage, d’un piratage de compte ou d’une fuite de données. Cela ne prouve pas que votre interlocuteur travaille pour votre banque.
Comment fonctionne l’arnaque au faux coursier bancaire ?
Le scénario décrit par les autorités repose généralement sur plusieurs étapes qui s’enchaînent rapidement afin de laisser le moins de temps possible à la victime pour réfléchir.
Un prétendu conseiller bancaire vous appelle.
L’interlocuteur affirme travailler pour votre banque ou pour son service anti-fraude. Le numéro affiché peut paraître familier ou crédible.
Il annonce une fraude ou un piratage.
Il évoque des mouvements suspects sur votre compte et insiste sur la nécessité d’agir immédiatement pour protéger votre argent.
Il cherche à obtenir des informations de sécurité.
L’escroc peut demander un code reçu par SMS, une validation dans l’application bancaire ou le code confidentiel de la carte sous prétexte de sécuriser le compte.
Il annonce l’arrivée d’un coursier.
La carte serait prétendument compromise ou inutilisable. Une personne serait donc envoyée pour venir la récupérer directement à votre domicile.
Une personne se présente réellement.
Le faux coursier récupère la carte. Avec les informations déjà obtenues, les fraudeurs peuvent ensuite tenter d’effectuer des paiements ou des retraits.
La venue d’une vraie personne ne rend pas la procédure officielle.
C’est précisément ce qui rend cette variante très convaincante : l’arnaque quitte le téléphone pour entrer physiquement au domicile de la victime.
Retrouvez notre scénario.
Un prétendu conseiller bancaire vous annonce une fraude puis veut envoyer un coursier récupérer votre carte. Saurez-vous repérer le moment où il faut s’arrêter ? Testez cette situation dans un environnement entièrement fictif, gratuit et sans aucun risque.
Pourquoi cette arnaque peut-elle sembler aussi crédible ?
L’escroc connaît parfois déjà des informations.
Nom, banque utilisée ou coordonnées personnelles peuvent avoir été récupérés auparavant. Ces informations servent à donner de la crédibilité à l’appel.
Il vous fait croire que votre argent est en danger.
La peur d’une fraude en cours pousse naturellement à vouloir agir vite, parfois avant même d’avoir vérifié l’identité de l’interlocuteur.
Quelqu’un finit réellement par venir chez vous.
Le passage physique du faux coursier transforme une histoire téléphonique en événement concret et renforce artificiellement sa crédibilité.
Et si le numéro affiché ressemble vraiment à celui de ma banque ?
Ce n’est toujours pas une preuve suffisante. Les techniques d’usurpation de numéro, souvent appelées spoofing, ont longtemps permis de faire apparaître un numéro familier sur l’écran de la victime.
Depuis fin 2024, un mécanisme d’authentification des numéros limite davantage l’usurpation de certaines lignes fixes. Cela ne supprime cependant pas les appels frauduleux : les escrocs peuvent continuer à utiliser d’autres lignes pour tenter de vous convaincre.
La vérification la plus fiable consiste à reprendre vous-même l’initiative.
Raccrochez puis ouvrez votre application bancaire habituelle, votre espace client ou utilisez un numéro officiel que vous possédiez déjà avant l’appel.
Une banque a-t-elle besoin de votre aide pour bloquer une fraude ?
Non. La Banque de France rappelle qu’un établissement bancaire n’a pas besoin que son client lui transmette un code ou valide une opération pour bloquer une transaction qu’il considère comme frauduleuse.
Un conseiller légitime ne vous demandera donc pas votre mot de passe, votre code secret, un code reçu par SMS ou la validation d’une opération prétendument destinée à en annuler une autre.
« Coupez votre carte avant de la donner » : est-ce plus sûr ?
Non. Cette consigne peut elle-même faire partie du scénario.
ABE Infoservice explique que certains fraudeurs demandent à la victime de couper sa carte avant l’arrivée du coursier, voire la découpent eux-mêmes, tout en laissant volontairement certains éléments utilisables.
La règle est beaucoup plus simple.
Une carte bancaire ne se remet jamais à un coursier, un inconnu ou une personne prétendant être envoyée par votre banque, qu’elle soit intacte ou découpée.
Que faire si vous recevez ce type d’appel ?
Vous n’avez pas besoin de réussir à prouver que votre interlocuteur est un escroc. Quelques réflexes suffisent pour casser le scénario.
- Ne communiquez aucun mot de passe, code secret ou code reçu par SMS.
- Ne validez aucune opération bancaire que vous n’avez pas initiée vous-même.
- N’acceptez pas qu’une personne vienne récupérer votre carte.
- Raccrochez si l’interlocuteur vous met sous pression.
- Contactez vous-même votre banque depuis un canal officiel et connu.
- Ne rappelez pas un numéro communiqué par votre interlocuteur.
- Demandez conseil à un proche si vous avez besoin de quelques minutes pour prendre du recul.
Raccrocher ne met pas votre compte en danger.
Si votre banque vous contacte réellement pour une anomalie, vous pourrez retrouver l’information en la joignant vous-même par ses canaux habituels.
Si quelqu’un se présente déjà à votre domicile et que vous pensez qu’une escroquerie est en cours, ne remettez rien et contactez les forces de l’ordre.
Vous avez déjà remis votre carte au faux coursier : que faire ?
Agissez rapidement. Quelques minutes peuvent compter lorsqu’une personne dispose physiquement de votre moyen de paiement.
Faites immédiatement opposition.
Contactez votre banque par ses canaux sécurisés habituels afin de bloquer l’utilisation de la carte.
Expliquez précisément ce qui s’est passé.
Indiquez que la carte a été remise à une personne qui se présentait comme un coursier ou un employé envoyé par votre banque.
Sécurisez aussi votre accès bancaire si nécessaire.
Si vous avez communiqué des identifiants, un mot de passe ou si vous pensez que votre espace bancaire a été compromis, demandez immédiatement à votre banque de sécuriser ou réinitialiser les accès concernés.
Conservez toutes les preuves.
Gardez les messages reçus et notez l’heure de l’appel, le numéro affiché, la description du faux coursier et tout élément susceptible d’aider les enquêteurs.
Déposez plainte rapidement.
Vous pouvez vous rendre dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie et fournir le maximum d’informations disponibles.
Attention à Perceval dans ce cas précis.
Le service Perceval concerne notamment les fraudes à la carte bancaire lorsque vous avez toujours votre carte en votre possession. Si un faux coursier a emporté physiquement votre carte, Service-Public indique de signaler le vol ou la perte, puis de porter plainte.
Et pour les opérations déjà débitées ?
Contestez-les rapidement auprès de votre banque et fournissez tous les éléments dont vous disposez. Les règles de remboursement dépendent notamment de la nature de l’opération et des circonstances de la fraude.
Une banque ne peut pas simplement considérer automatiquement qu’une victime de manipulation a commis une « négligence grave ». Dans une décision du 23 octobre 2024 concernant une fraude au faux conseiller et une usurpation de numéro, la Cour de cassation a rappelé qu’il appartient à la banque d’apporter la preuve d’une telle négligence. Chaque dossier reste toutefois apprécié selon ses propres circonstances.
En cas de désaccord avec votre établissement, utilisez d’abord son service de réclamation puis, si nécessaire, le médiateur bancaire.
Questions fréquentes sur l’arnaque au faux coursier bancaire.
Ma banque peut-elle envoyer un coursier récupérer ma carte ?
Non. Les autorités et organismes bancaires de référence rappellent qu’une banque ne vous envoie pas un coursier pour récupérer votre carte bancaire à domicile.
Un conseiller peut-il me demander mon code secret ?
Non. Le code secret de votre carte, vos mots de passe et les codes de sécurité reçus par SMS ne doivent jamais être communiqués à un interlocuteur.
Le numéro affiché est celui de ma banque. Puis-je lui faire confiance ?
Le numéro affiché ne doit jamais être votre seule preuve. Raccrochez puis contactez vous-même votre banque depuis un canal officiel que vous connaissez déjà.
Et si le coursier possède une carte professionnelle ?
Cela ne change pas le bon réflexe. Un document, un badge ou une apparence professionnelle peuvent être imités. Ne remettez pas votre carte et vérifiez directement auprès de votre banque.
Puis-je remettre ma carte si je l’ai déjà découpée ?
Non. Les autorités rappellent explicitement qu’une carte bancaire ne doit jamais être confiée à un tiers, même si elle a été découpée.
Que faire si le faux coursier a déjà pris ma carte ?
Faites opposition immédiatement, contactez votre banque, sécurisez vos accès si nécessaire, conservez les preuves et déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
Cette arnaque vise-t-elle uniquement les personnes âgées ?
Non. L’alerte de Côte-d’Or souligne que les personnes âgées ou isolées peuvent être particulièrement vulnérables à ce mode opératoire, mais toute personne disposant d’un compte bancaire peut être confrontée à une fraude au faux conseiller.
Des sources officielles qui décrivent toutes le même piège.
L’alerte diffusée en Côte-d’Or en août 2026 correspond à un mode opératoire déjà documenté nationalement. Plusieurs sources institutionnelles permettent de confirmer les principaux réflexes présentés dans cet article.
- Région de gendarmerie Bourgogne-Franche-Comté, communiqué du 15 août 2026, relayé par Infos Dijon et France 3 Bourgogne-Franche-Comté.
- Cybermalveillance.gouv.fr, fiche « Fraude au faux conseiller bancaire ».
- ABE Infoservice, « Arnaque bancaire : attention aux faux coursiers ! ».
- Banque de France, « Fraude aux moyens de paiement ».
- Ministère de l’Économie, conseils sur les opérations bancaires à distance.
- Service-Public, démarches en cas de fraude, perte ou vol de carte bancaire.
Le réflexe à retenir.
Une banque ne vous demande pas votre code et n’envoie pas quelqu’un récupérer votre carte chez vous. Face à une demande inhabituelle : arrêtez-vous, raccrochez et vérifiez vous-même auprès de votre banque.
Partager cette alerte peut protéger quelqu’un.
Cette fraude repose beaucoup sur la surprise et l’urgence. En parler autour de vous, notamment avec une personne qui vit seule ou qui est moins à l’aise avec les démarches bancaires, peut suffire à créer le bon réflexe au moment où l’appel arrive.